Le tombeau du roi Pomare V
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Un monument royal en corail, entre histoire, mémoire et controverses
Le tombeau du roi Pomare V, situé à Arue sur la côte nord de Tahiti, est l’un des monuments les plus singuliers et les plus chargés d’histoire de la Polynésie française. Construit en blocs de corail soigneusement assemblés, surmonté d’une urne monumentale et marqué par les tensions politiques du XIXᵉ siècle, il incarne à la fois la fin de la dynastie Pomare et les bouleversements qui ont façonné le fenua. Admiré par certains, décrié par d’autres comme par exemple Paul Gauguin, ce mausolée continue de susciter curiosité, débats et fascination.
Un monument unique en Polynésie : une architecture en blocs de corail
Contrairement à de nombreux monuments du XIXᵉ siècle construits en pierre volcanique, le tombeau de Pomare V est entièrement constitué de blocs de corail, liés entre eux par du ciment. Cette particularité lui donne une texture claire, presque organique, qui contraste avec les paysages verdoyants d’Arue.
Le monument présente une forme pyramidale, massive et rectangulaire à la base. Cette géométrie inhabituelle dans l’architecture funéraire polynésienne témoigne d’un mélange d’influences :
- le corail, matériau traditionnellement utilisé dans certains marae anciens
- la forme pyramidale, plus proche des constructions occidentales du XIXᵉ siècle
- l’urne monumentale au sommet, qui attire immédiatement le regard
Cette urne, parfois comparée à une bouteille de Bénédictine, fait référence à la boisson préférée du roi Pomare V. L’anecdote est devenue célèbre : le souverain appréciait tant cette liqueur qu’elle est souvent évoquée dans les récits de son époque. Il meurt d’ailleurs d’alcoolisme en 1891, au palais royal de Papeete.

Pomare V : le dernier roi de Tahiti et la fin d’une dynastie
Né en 1839, Pomare V monte sur le trône en 1877, dans un contexte politique complexe. Les chefs traditionnels, les missionnaires et les autorités françaises se disputent l’avenir du royaume. Le souverain, décrit comme fragile et influençable, finit par signer en 1880 l’acte de cession qui fait officiellement de Tahiti et de ses dépendances une colonie française.
Ce geste marque la fin de la monarchie tahitienne. Lorsque Pomare V meurt en 1891, son tombeau devient le symbole d’une époque révolue, celle où les Pomare régnaient sur Tahiti, Moorea et les îles voisines.

Un chapitre méconnu : la reine Pomare IV reposait d’abord dans le tombeau
Un fait souvent ignoré est que le tombeau n’a pas été construit uniquement pour Pomare V. À l’origine, il abritait également la dépouille de la reine Pomare IV, sa mère, l’une des figures les plus importantes de l’histoire tahitienne.
Pomare IV régna de 1827 à 1877, traversant des décennies de tensions politiques, de pressions missionnaires et d’ingérences étrangères. Elle fut l’une des souveraines les plus influentes du Pacifique, défendant farouchement l’autonomie du royaume.
Après sa mort, elle fut inhumée dans ce mausolée. Ce n’est que plus tard, 10 ans après exactement, que sa dépouille fut déplacée vers le cimetière royal, laissant le tombeau d’Arue comme monument dédié principalement à Pomare V.

Un monument qui divise : Gauguin et le rejet du tombeau
Si le tombeau est aujourd’hui considéré comme un élément majeur du patrimoine polynésien, il n’a pas toujours été apprécié. Certains artistes et voyageurs européens du XIXᵉ siècle l’ont critiqué, parfois avec virulence.
Parmi eux, Paul Gauguin, qui voyait dans cette construction un symbole de l’occidentalisation imposée. Dans ses écrits, il décrit le monument comme un « amas informe de pierres de corail liées entre elles par du ciment », une critique sévère qui reflète sa vision idéalisée et souvent fantasmée de la Polynésie.
Pour Gauguin, le tombeau n’incarnait ni l’esthétique polynésienne, ni l’esprit du fenua. Il y voyait une rupture avec les traditions, un monument trop européen, trop massif, trop éloigné des formes sacrées des marae.
Cette perception négative n’était pas isolée : d’autres voyageurs considéraient le tombeau comme un symbole de domination coloniale, un monument qui ne reflétait pas l’âme polynésienne.
Un lieu de mémoire et de transmission culturelle
Aujourd’hui, le tombeau de Pomare V est un espace de mémoire collective. Il rappelle :
- la fin de la monarchie tahitienne
- les transformations politiques du XIXᵉ siècle
- les tensions entre traditions polynésiennes et influences européennes
- la résilience de l’identité culturelle du fenua
Le site est régulièrement visité par des familles, des élèves, des chercheurs et des voyageurs. Il constitue un repère essentiel pour comprendre l’histoire de Tahiti et les relations complexes entre les Pomare, les missionnaires et les autorités françaises.
Le tombeau dans l’histoire de la dynastie Pomare
La dynastie Pomare, fondée au XVIIIᵉ siècle, a profondément marqué l’histoire de Tahiti. Pomare I et Pomare II ont unifié l’île, adopté le christianisme et établi des relations diplomatiques avec les Européens. Pomare IV a consolidé le royaume malgré les pressions extérieures. Pomare V, enfin, a signé la cession qui a transformé l’avenir politique du pays.
Le tombeau d’Arue symbolise :
- la fin d’une lignée royale
- la transition vers l’administration coloniale
- la persistance d’une identité polynésienne forte
Lors de votre visite, n’hésitez pas à scanner le QR Code pour avoir accès à de très riches informations.

Pourquoi visiter le tombeau de Pomare V ?
Le site attire pour plusieurs raisons :
- son importance historique, liée à la fin de la monarchie
- son architecture unique, en blocs de corail
- son urne monumentale, devenue un symbole visuel
- son cadre paisible, propice à la réflexion
- sa proximité avec Papeete, qui en fait une étape facile d’accès
Il s’intègre parfaitement dans un parcours culturel incluant la Pointe Vénus et sa célèbre baie de Matavai, sites liés aux premiers contacts européens.
Un symbole de continuité et d’identité
Le tombeau du roi Pomare V n’est pas seulement un monument funéraire : c’est un miroir de l’histoire tahitienne. Il raconte les alliances, les conflits, les transformations et les résistances qui ont façonné le fenua. Il rappelle que l’identité polynésienne s’est construite dans le mouvement, l’adaptation et la mémoire.
Les petits + Tahiti pratique
Juste à côté du tombeau, une petite plage discrète borde le lagon d’Arue. La visite du site est très rapide. En effet, quelques minutes suffisent pour faire le tour du monument et apprécier son architecture en corail. Ce qui en fait une halte idéale avant de profiter du bord de mer. Beaucoup de visiteurs prolongent la découverte en s’installant sur le sable pour un pique‑nique simple et convivial, puis en se rafraîchissant dans le lagon calme qui s’étend juste en contrebas. Un cadre paisible, parfait pour mêler culture, détente et baignade.
Par ailleurs, le parking est vaste et permet de se garer facilement juste à côté du tombeau et de la plage.
In fine
Le tombeau du roi Pomare V demeure l’un des monuments les plus singuliers et les plus symboliques de Tahiti. Avec sa structure pyramidale en blocs de corail, son urne imposante et son histoire étroitement liée à la fin de la dynastie Pomare, il incarne un moment charnière où le fenua bascule vers une nouvelle ère. Admiré ou critiqué, célébré ou contesté, il reste un témoin précieux des tensions, des influences et des transformations du XIXème
siècle. Sa visite, rapide mais riche en sens, offre une plongée directe dans l’histoire politique et culturelle de Tahiti, et rappelle combien la mémoire du pays continue de vivre à travers ses monuments. Et comme toujours, si vous avez déjà visité ce site, n’hésitez pas à partager vos impressions dans la section des commentaires ci‑dessous.
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